C'est l'opération qui redistribue les cartes de la legaltech française. Plus tôt cette semaine,LegalPlace a annoncé le rachat de son concurrent historique Legalstart, financé par une levée de 70 millions d'euros. Le nouvel ensemble couvre désormais près de 20 % des créations d'entreprises en France.
Deux rivaux qui fusionnent
Pendant des années, LegalPlace et Legalstart se sont disputé le même client : le créateur d'entreprise qui veut éviter le cabinet d'avocats, domicilier sa société en quelques clics et déléguer ses formalités administratives. Les deux plateformes proposaient des services similaires, à des tarifs comparables, pour le même public.
Cette époque est révolue. Fondée en 2016 par Racem Flazi, Mehdi Ouchallal et Samuel Goldstein, LegalPlace s'est imposée comme une plateforme tout-en-un intégrant création d'entreprise, comptabilité, compte pro et domiciliation.
Legalstart, créé dès 2013 par Timothée Rambaud et Pierre Aïdan, s'était quant à lui forgé une solide réputation sur le segment de la création d'entreprise.
Ensemble, ils forment désormais un groupe de 500 collaborateurs, avec l'ambition affichée de couvrir une création d'entreprise sur trois en France à terme. Les deux marques continueront de coexister, positionnées comme une "super-app" couvrant l'ensemble des besoins administratifs des entrepreneurs.
L'IA comme moteur de croissance
Les 70 millions d’euros levés auprès de XAnge, Eurazeo et Move Capital serviront à financer deux chantiers prioritaires : un service de création de société instantanée et un agent IA capable de gérer de manière autonome formalités administratives et comptabilité. “L’objectif : permettre à un entrepreneur de créer sa société, ouvrir un compte pro, domicilier son siège et gérer sa comptabilité depuis une seule plateforme.”
Le rachat de Legalstart joue ici un rôle clé au-delà de la taille : le volume de données et de cas d'usage apporté par Legalstart doit permettre d'entraîner et de fiabiliser ces systèmes d'IA plus rapidement.
Portée par une croissance de 60 % par an sur les trois dernières années et une base de 50 000 abonnés, LegalPlace vise 100 millions d'euros de chiffre d'affaires dès 2026.
Le groupe prépare également une expansion européenne, dans le sillage du projet de "28e régime", une initiative de l'Union européenne visant à créer un statut juridique commun pour les entreprises, indépendamment des législations nationales de chaque pays membre.
Ce que ça change pour les talents du droit et de la tech
Cette consolidation n'est pas qu'un événement financier. Elle signale une transformation plus profonde du secteur : des services juridiques qui deviennent simples, automatisés, scalables. Et avec elle, une demande croissante de profils hybrides : juristes à l'aise avec la technologie, experts en IA juridique, spécialistes de la compliance ou de la gestion automatisée.
Chez Lawpic, nous suivons de près ces transformations afin de connecter les talents du droit et de la tech aux entreprises qui construisent les services juridiques de demain.